Editorial de Vincent Feltesse
![]() | Vincent Feltesse |
La vaste question du « développement durable » suscite des prises de positions nombreuses parfois idéologiques et conflictuelles, des publications contradictoires, voire de simples stratégies de communication, qui brouillent les enjeux et notre capacité à y répondre.
Force est pourtant de constater que notre société, en particulier au sein de ses métropoles, « souffre d'anomie », c'est-à-dire d'une disparition des repères et valeurs collectifs pour les comportements individuels.
Aussi faut-il aborder le concept de « développement durable » dans sa dimension structurelle : au sein des collectivités, entreprises et foyers, les changements des gestes et habitudes du quotidien sont certes à penser et à réaliser par chacun, mais n'auront de sens que dans leur articulation.
Face aux défis qui touchent nos modes de production, de distribution et de consommation, nos sociétés sont appelées à délimiter la frontière entre besoins et envies, à inventer des modes de faire et de penser à même de dessiner un développement réaliste et viable dans le temps. Les réponses ne sont ni uniques, ni uniformisantes. Elles sont tributaires des échelles, lieux et personnes, et doivent s'ajuster à l'histoire et aux spécificités de chaque territoire.
L'un des enjeux consiste à construire le développement dans la continuité, en adoptant une logique de « communauté de projets », globale et plurielle, qui allie performances économiques, humaines et environnementales, et rassemble largement les acteurs, dans leur variété et dans leur hétérogénéité.
Nous sommes entrés dans l'ère des complexités. Comprendre et approcher ces complexités conduit à passer de la concurrence à la coopération, à croiser les regards des habitants et des organisations, publiques comme privées.
Si nous ne pouvons que nous réjouir d'une véritable volonté de passage à l'acte de toutes les composantes de la société, les questions qui interrogent durablement nos modes de vie ne trouveront pas de réponses dans des approches désordonnées, éparses et micro-locales. La notion de développement nous invite, en réalité, à désapprendre, à nous adapter progressivement et à nous réorganiser.
Parce qu'ils sont un lieu d'échange, où peut émerger une vision large des problématiques et des projets menés en matière de développement, les Ateliers sont plus qu'un moment de rencontre, ils deviennent un outil pour tous les acteurs.
Le Président de la Communauté Urbaine de Bordeaux



