Interviews

Interview de Guy HASCOET, Consultant, membre du Conseil régional de Bretagne

Vous allez intervenir lors des Ateliers du développement durable sur le rôle des collectivités et des entreprises en matière de développement durable. En tant que nouvel élu au Conseil régional de Bretagne et consultant pour les entreprises, comment voyez-vous les choses ? Quels rôles doivent avoir les élus et les entrepreneurs selon vous ?

Les élus doivent organiser un dialogue ouvert avec tous les acteurs et utiliser tous les outils à leur disposition pour impulser, installer, accompagner, orienter... Bref, faire de la politique et ne pas seulement accompagner l'air du temps.

De quels pouvoirs disposent réellement les élus pour agir en faveur de l'environnement ? Y-a-t-il selon vous une disparité entre la volonté et la capacité d'action ?

HascoetAujourd’hui le sentiment est que les ambitions sont rangées. Si nous devions aujourd’hui mettre l’eau courante ou l’électricité chez tous, on passerait trente ans en expérimentation au lieu d’avoir des politiques de généralisation des évolutions utiles ou incontournables. Il n’existe pas de véritable politique territoriale de l’énergie par exemple. Comme pourtant ces évolutions sont en cours autour de nous en Europe, la question est celle de la spécificité française. Est-ce que nous ne croyions pas aux nouveaux enjeux, les autres ont-ils une organisation institutionnelle plus favorable à une prise en charge au-delà de la prise en compte ?

Concrètement le centralisme français et ses castes républicaines sont devenus de lourds handicaps. Nos collectivités régionales non seulement manquent de poids mais n’ont pas la possibilité de contrer un refus ou un aveuglement parisien. Nous avons les mêmes élus pendant quarante ans. Ils disposent d’un système qui leur permet de ne pas faire vivre la démocratie locale, la possibilité de resserrer et concentrer les pouvoirs sur quelques personnes. Finalement c’est la France, c’est Versailles à tous les niveaux ! Il faudrait créer par une forme fédérale plusieurs niveaux de légitimité pour donner de l’oxygène au système. Il faudrait par des mécanismes plus proportionnels, obliger les partenaires d’une majorité à s’écouter et trouver de vrais accords politiques. Notre peur de changer est en train de nous déclasser.

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Interview de M. Nicolas-Gérard Camphuis, Directeur du Centre Européen de Prévention du Risque d'Inondation (CEPRI)

Un logement ou un quartier « zéro dommage » face au risque d'inondation est-ce possible ?

CamphuisLe développement des territoires ne saurait être durable sans une prise en compte accrue du risque d'inondation qui pèse sur leur devenir. Les inondations à travers le monde (Dresde, Prague, Royaume-Uni, Nouvelle-Orléans et même Xynthia) montre que nos modes d'urbanisme ne sont pas « durables » face à l'inondation et que nombre de territoire peinent à redémarrer. Le changement climatique annoncé ne fait qu'exacerber la nécessité de s'adapter à l'inondation, en augmentant la résilience des territoires. C'est la raison pour laquelle le CEPRI a souhaité à nouveau participé aux 7èmes ateliers du développement durable. Tout ce que le CEPRI propose relève du développement durable. Pourquoi le CEPRI s'intéresse à la résilience des logements et des quartiers ? Pourquoi parler vous d'adaptation à l'inondation ?

Parce qu’il nous faut regarder les choses en face, comme nous y invite la Directive européenne, et réaliser que nos villes, nos quartiers et nos logements sont très mal préparés à devoir supporter une inondation et à s’en relever rapidement. Regardez ce que nous vivons en ce moment avec Xynthia : certains modes de construction, certains urbanismes se révèlent très peu compatibles avec l’inondation. Des quartiers sinistrés peuvent ne pas être reconstructibles techniquement ou économiquement, ce qui pose de vraies difficultés pour le redémarrage des territoires.

Nous découvrons ce que d’autres pays ont déjà expérimentés (la Nouvelle Orléans en 2005, le Royaume Uni en 2000 et 2007) : il faut adapter nos villes à l’inondation comme nous les adaptons au changement climatique car l’un et l’autre sont aussi certains, l’un et l’autre peuvent compromettre totalement la capacité à vivre quelque part.

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